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Samedi 15 avril 2006 6 15 /04 /Avr /2006 14:18
Partir c’est bien mais encore faut il savoir où aller ! Après de longues réflexions sur le choix d’une destination, la Thaïlande après la prise en compte de nombreux facteurs, s’est imposée naturellement, :
-         l’ouragan fin octobre sur les Caraïbes excluait d’office la partie Amérique centrale,
-         le Ramadan n’est pas la période idéale pour découvrir un pays musulman,
-         les nombreux vaccins restant à faire nous interdisaient l’Amérique du Sud, les Indes et l’Afrique Noire,
-         la Thaïlande ne nécessite pas de visas,
-         La Thaïlande se visite très facilement, surtout quand on a 2 semaines de vacances seulement.
 
Reste à établir un itinéraire. Pour cela, 3 phases : prise de contacts auprès des nombreux amis baroudeurs ayant déjà visité ce pays, achat du guide Lonely Planet et surf sur le net à la recherche d’expériences et d’adresses utiles.
 
La prise de contacts me laisse perplexe : entre ceux qui nous disent qu’après le Cambodge et la Birmanie, nous serons déçus, ceux qui nous conseillent vivement ce pays et une amie qui propose de prévenir ses cousins sur place pour qu’ils nous accueillent et servent de guide (non, tout mais pas ça), le doute me gagne.
 
Le guide est énorme et on se rend vite compte qu’un itinéraire unique ne s’impose pas. Qui plus est, ce pays a l’air très touristique alors que l’on recherche une destination reposante mais « typique ». Le temps me manque et je ne sais où aller. Sur le net j’apprends que le Nord de la Thaïlande a été touchée par des inondations assez sévères.
 
Et petit à petit , une idée s’impose : le Laos. Simple rêve enfoui au fond de mon cerveau, cette destination se concrétise suite à des conseils d’amis, la facilité d’obtention de visas au poste frontière et le côté intact que nous laisse transparaître les divers témoignages recueillis sur ce pays.
 
 
 
Par Wa - Ksi - Publié dans : Laos
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Samedi 15 avril 2006 6 15 /04 /Avr /2006 14:15
 
Nous avions acheté nos billets pour Bangkok. On se rend vite compte que l’avion n’est pas un moyen de transport agréable : plus on voyage, moins le vol est cher : Paris
Colombo - Bangkok. Sans compter le temps d’escale et les arrêts surprises non précisés au moment de l’achat du billet : une escale bonus à Francfort pour permettre a 250 allemands en T-shirts de descendre et en laisser 250 autres en pull remonter.
 
Après 18 heures d’avion ou d’attente auxquels s’ajoutent deux heures au poste frontière thaïlandais, nous sortons enfin de l’aéroport. En face du complexe, la gare où passe un train à destination de Nong Khai au nord-est du Siam. Miracle il reste deux places en couchettes 1ère classe … à 21H30, soit dans 9 heures !
 
Le billet de train en poche, nous achetons un vol retour Luang Prabang – Bangkok pour optimiser notre temps de voyage avant de nous poser à l’aéroport pour attendre dans un lieu climatisé. Au bout d’un long moment, un soupçon de lucidité de Cassey l’emporte sur notre état de fatigue : « Pourquoi ne laisserait on pas nos bagages à la consigne pour aller se balader ? ». C’était peut être un peu tard pour aller à Bangkok, mais on pouvait très bien sortir autour de l’aéroport. D’autant que vu de l’avion, Bangkok avait l’air plaisante : beaucoup de canaux, un parcours de golf collé aux pistes d’atterrissage…
 
Un touriste étranger arrivant à Roissy irait il visiter Villepinte ? Nous avons fait l’équivalent à Bangkok. La banlieue est à l’opposé de l’image de développement qui colle à ce pays : routes défoncées, canaux pollués, détritus à même le sol sans compter les chiens. Chiens errants, chiens galleux, chiens couverts d’eczéma, chiens copulant, chiens fouillant les ordures, chiens se battant pour un os… Puis vers 18H, c’est la sortie des bureaux et un immense flux de mobylettes slalomant au son des klaxons entre les véhicules crachant leurs gaz d’échappement.
 
Heureusement notre train nous a délivré de cette capitale étouffante pour nous conduire dans un confort inégalé vers la tranquillité du Laos. Quelques minutes nous ont suffi pour nous retrouver dans les bras de Morphée avant de nous réveiller à quelques kilomètres de la frontière après environ 2 jours de voyage non stop.
 
Par Wa - Ksi - Publié dans : Laos
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Samedi 15 avril 2006 6 15 /04 /Avr /2006 14:14
 
Nong Khai, ville thaï à la frontière laotienne est un point de passage prisé depuis la construction du pont de l’Amitié qui enjambe le Mékong pour rejoindre Vientiane, la capitale aux 10 000 éléphants comme la nomment les chinois. Le temps d’obtenir les visas, de changer un peu d’argent et de devenir pour la première fois dans sa vie millionnaire (un dollar équivaut à 10 800 Kips), nous voici embarqués à bord d’un minibus vers la capitale laotienne. 
 
 
A la recherche d’une bonne guest house
 
Le problème du coup de cœur d’un guide touristique, surtout quand il s’agit d’un pays aussi confidentiel que le Laos où le nombre de guides est limité, c’est qu’absolument tous les voyageurs se tournent vers cette adresse. Nous en avons fait les frais en arrivant à Vientiane. L’hôtel affichait complet. La conséquence indirecte de ce coup de cœur est que les voyageurs fraîchement débarqués de leur tuk tuk   se logent dans les guest house voisines. Trois tentatives auprès des hôtels voisins se soldèrent par des échecs. Résignés, nous avons opté pour le premier établissement qui nous a ouvert ses portes dans une petite rue qui se révéla être l’une des principales artères de la ville.
 
 
Vientiane, capitale endormie
 
Munis de notre guide, l’orientation dans la ville se fait très aisément, non pas en se repérant au nom des rues dont les rares panneaux en alphabet latin offrent des noms à rallonge imprononçables, mais en se fiant au nom des boutiques, hôtels et restaurants indiqués sur notre plan. Une marche tranquille nous mène au Tat Dam, vieux stupa noir avant d’arriver aux Champs Elysées laotien et son Arc de Triomphe . Vientiane nous laissait une sensation étrange mais nous n’arrivions pas à la définir. Ce n’est qu’après avoir redescendu l’avenue entièrement que nous nous sommes rendus compte que cette ville était silencieuse : peu de circulation, pas de klaxons, les quelques bruits étant ceux des moteurs à deux temps des jumbos promenant les étrangers vers les destinations touristiques. Cette capitale contraste merveilleusement avec sa sœur siamoise.
 
Ce silence atteint son paroxysme au moment de la visite du Vat Si Saket, vieux temple en bois entouré d’un cloître où sont entreposées des milliers de statues de Bouddha. Ces cloîtres très bas et très sombres ne font que mettre en valeur la splendeur du bâtiment qui, malgré sa vétusté, semble trôner sur l’ensemble, impression renforcée par les teintes orangées de l’édifice qui prennent vie sous les rayons du soleil.
 
 
Magic Mékong
 
Il est 5 heures, Vientiane s’éveille ! Sauf que là on parle de l’après midi. La ville tranquille se peuple soudainement, non pas de laotiens mais de touristes qui , un instant éparpillés à travers la ville, se dirigent tous tels des robots vers le Mékong afin de profiter du coucher du soleil sur ce fleuve mythique. Ce spectacle se doit d’être suivi selon un rituel bien précis : après s’être installé à une terrasse de café, s’être badigeonné de citronnelle ou de répulsif anti-moustiques, le touriste déguste une Beer Lao, véritable institution nationale, tout en observant la descente du soleil dans un calme laotien. Le touriste semble alors anesthésié, non pas écrasé par la chaleur ou l’humidité qui deviennent à cet instant plus acceptables, mais conquis par cette force irrésistible qui le pousse à ne rien faire, à adopter le rythme Lao, à vivre au ralenti. Les épaules s’affaissent, la tête penche légèrement, on se laisse aller à ses pensées, les rares mouvements observés sont pour se désaltérer. Sortir l’appareil photo pour immortaliser cet instant devient compliqué, fatiguant. Et puis pourquoi faire ? Ce sont des instants de vie et autant les vivre pleinement.
 
 
US Go home ?
 
Le Laos est le pays ayant sans doute subi le plus de « dommages collatéraux » pendant la guerre du Vietnam. En effet, les Etats Unis ont largué sur ce pays, plus de bombes par habitant que nul part ailleurs en Indochine. A tel point que dans de nombreux endroits du pays, l’armature des bombes n’ayant pas explosées sont recyclées en abreuvoir pour les cochons, pots pour les plantes ou sont utilisées comme pilotis pour la construction des maisons, même si avec l’augmentation du prix de la ferraille ils sont de plus en plus vendus notamment en direction de la Chine. Il n’est alors pas étonnant dans ces conditions que le Laos se soit tourné vers le communisme et que les Etats-Unis ne soient pas très appréciés. Le nombre de T-shirts à l’effigie du Che, la multitude de drapeaux ornant la faucille et le marteau en témoignent. Mais on reste choqué à la vue d’une camionnette garée devant un policier impassible avec sur sa carrosserie les portraits de Saddam, Ben Laden et le Che Gevara.
 
 
 
Des monuments avant-gardistes ?
 
Imaginez les cloîtres du Vat Si Saket mentionnés précédemment. Remplacez les milliers de Bouddhas par des centaines de toiles naïves aux couleurs criardes peignant des scènes de vie ou des monuments laotiens (mais aussi certains monuments du patrimoine mondial telle la Grande Muraille de Chine).
A la place de l’harmonieux monument en bois qui trône au centre, imaginez une construction très géométrique, un empilement de trois blocs de bétons carrés de taille décroissante surmontés d’une flèche centrale et entourés d’une ceinture de flèches plus réduites, toutes en forme de missiles balistiques. Enfin remplacez ces fabuleuses teintes orangées par une peinture défraîchie couleur or métallisée.
On obtient alors le monument national laotien, symbole de tout un peuple : le Pha That Luang.   Ne vous fiez pas aux photos sur le guide Lonely Planet, c’est très moche. A sa décharge ce monument a été reconstruit par des français sur la base de vieux croquis après qu’il soit tombé en ruine suite à une attaque des frères siamois. Sans doute, les méthodes de l’anastylose parfaitement maîtrisés à Angkor n’en étaient elles qu’à leur début … à moins que les croquis de Delaporte servant de base à sa restauration n’aient été dessinés en pleine crise de paludisme.
Par Wa - Ksi - Publié dans : Laos
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Samedi 15 avril 2006 6 15 /04 /Avr /2006 14:10
Un départ difficile
 
Deux jours à Vientiane et il est déjà temps pour nous de poursuivre notre route.
Après avoir acheté un billet de bus la veille, nous patientons sur le trottoir devant notre hôtel qu’un jumbo nous emmène vers le terminal routier. Notre attente se prolonge et nous nous inquiétons de voir les minutes défiler. L’heure du départ théorique est déjà passée depuis plus de 20 minutes quand notre chauffeur arrive. Nous tentons de lui expliquer qu’on est déjà en retard. Message compris ? Apparemment oui ! Mais à notre grande surprise il se dirige vers un autre hôtel pour ramasser d’autres voyageurs. Ces mêmes voyageurs qui ne le voyant pas arriver ont pris d’autres moyens de transport pour se rendre à la gare routière. Confusion totale ! Appels téléphoniques entre notre chauffeur et la compagnie de bus…. attente… demandes à la réception de l’hôtel pour s’assurer que les passagers sont bien partis … attente … nouveaux appels téléphoniques … ouf, nous repartons … vers un autre hôtel… Ce scénario se répètera à l’identique sur cinq guest houses différentes. Finalement après avoir revisité Vientiane pendant près d’une heure, nous repassons devant notre hôtel et nous faisons déposer à 200 mètres de notre point de départ où le bus nous attend calmement. Ici, pas de stress, on est au Laos.
 
Mais comment faisaient les Laos avant l’invention du portable ? Combien de voyageurs ont vu leurs bus partir sans eux ?
 
 
Vang Vieng tourist resort
 
Après un agréable voyage à travers la campagne laotienne sur une route en bon état, nous arrivons à Vang Vieng ou tout du moins le Vang Vieng pour touristes. Paradis longtemps perdu, niché entre des collines splendides au bord de la rivière Nam Som, ce village, qui à l’origine s’est développée autour de la construction d’une piste d’aéroport par les américains durant la guerre, est devenu la destination incontournable des routards : elle se résume à une succession d’hôtels, de restaurants et d’agences de voyage qui organisent des excursions touristiques dans les environs.
 
Si vous êtes à la recherche de paysages fabuleux, ce lieu vous ravira. Si vous recherchez des endroits perdus où les traditions locales sont préservées de l’influence occidentale oubliez ce village : adieu le calme Lao, l’architecture et la cuisine traditionnelle. Les multiples restaurants de la ville rivalisent à coup de téléviseurs et de haut-parleurs géants qui diffusent en boucle des épisodes de la série Friends, les petits-déjeuners proposé sont à base d’œufs de saucisses et de bacon ou de muesli, et on a même vu des restaurants bio ouverts pour attirer l’écolo – touriste.
 
 
Spéléo lao
 
L’un des principaux attraits de la région de Vang Vieng réside dans ses grottes. N’ayant jamais eu l’occasion de visiter de tels lieux, nous partons équipés de tongs et munis chacun d’une lampe frontale. Voici un petit résumé des grottes visitées :
 
La grotte niveau grand débutant
 
Prenez une colline. A sa base, une cavité de plein pied, peu profonde et illuminée par les rayons du soleil qui se faufilent à travers les minuscules interstices dans la roche. Son intérêt réside seulement dans la statue de Bouddha entreposée en son sein ou dans sa forme qui fait penser à un éléphant.
 
La grotte en hauteur 
 
L’entrée n’est accessible qu’après avoir escaladé la paroi sur plusieurs dizaines de mètres (ne pas lâcher prise si on voit une araignée). Les tongs se révèlent être un véritable handicap. L’effort consenti pour y accéder est récompensé par une immense cavité dont l’entrée représente la partie haute. D’immenses stalactites et stalagmites décorent son sein mais à l’intérieur, la circulation y est très difficile du fait de l’écroulement d’une partie de la voûte et du fort dénivelé à l’intérieur même de la caverne. Et ne vous faîtes pas piéger par la lumière. Elle rime toujours avec extérieur mais pas forcément avec sortie… il ne reste plus dans ce cas qu’à faire demi-tour.
 
La grotte en profondeur 
 
La lampe frontale trouve ici tout son intérêt mais mieux vaut avoir avec soi des piles de rechange et surtout un guide. Car on s ‘enfonce dans la montagne pendant près d’une heure dans une obscurité totale. Dès les premiers mètres notre guide nous conseille de déposer nos chaussures, le chemin devant emprunter des sols sablonneux (agréables) , caillouteux (ça fait mal aux pieds), vaseux (attention aux dérapages incontrôlés) ou complètement inondés (mieux vaut être en short qu’en pantalon).
Le silence, l’absence totale de luminosité et cette atmosphère humide ont favorisé le développement en moi d’une sorte de sentiment d’oppression, mélange de peur irrationnelle (et si je ne sortais jamais de ce trou, et si notre guide nous plantait là, et si ma lampe tombait en panne… ) et de mal-être. Pour atténuer ce début de phobie , je me suis positionné juste derrière notre guide, bénéficiant ainsi de la présence rassurante de son expérience (il devait avoir 15 ans) et de sa lampe torche bien plus puissante que la mienne.
Bien m’en a pris, car à peine arrivé au bout de la grotte, ma lampe s’est éteinte, me laissant le chemin du retour à effectuer en aveugle.
 
Je ne saurai vous décrire la beauté de la grotte, ayant eu la plupart du temps les yeux rivés sur le sol : au début de crainte de tomber sur des araignées, ensuite pour éviter de perdre appui sur ce sol irrégulier. Au détour de cette exploration, nous avons quand même pu voir quelques stalactites creux qui en les martelant résonnaient de sons très graves, et enfin au bout de notre périple un lac souterrain où notre guide a piqué une tête histoire de se rafraîchir.
Le chemin du retour fut pesant, l’ensemble de l’équipe souffrant de cette atmosphère moite et humide et de l’absence de visibilité . Notre guide a su détendre l’atmosphère en chantant quelques ballades locales. Le retour à l’air libre, au soleil fut un véritable soulagement pour nous tous. Je comprends mieux maintenant pourquoi les hommes des cavernes ont loué un culte au soleil et au feu.
 
La grotte en nageant
 
Dernière étape de ce voyage au centre de la terre : la grotte en nageant ou plutôt étendu sur une immense chambre à air. Cette grotte, accessible à pied pendant la saison sèche se retrouve complètement inondée pendant la saison des pluies, puis avec la décrue accessible à la nage pendant 1 ou 2 mois. 
Une fois confortablement installé, il ne reste plus qu’à patauger et suivre la corde qui trace le chemin. L’avantage de la chambre à air, c’est qu’en y étant installé, on peut admirer les voûtes des grottes sans avoir peur de trébucher sur un gros caillou ou de glisser dans de la vase. L’inconvénient majeur, c’est qu’on avance à reculons et que l’on ne voit pas les stalactites qui bloquent le passage. Là aussi, mieux vaut voyager accompagné, une lampe torche pouvant à tout moment vous lâcher.
 
Séance de tractor pulling
 
Partis à pied la découverte de la région de Vang Vieng, un jeune laotien au volant d’un petit tracteur tirant une remorque nous propose de nous emmener visiter le lac d’émeraude et des grottes. Bien nous en a pris car ceux ci étaient situés à plus de 5 km. Mal installés à l’arrière de la remorque, nous nous tenons comme nous pouvons pour ne pas subir le mauvais état de la route ou plutôt du chemin.
 
Le moteur à 2 temps du tracteur chinois pétaradait à plein régime quand devant nous s’est dressé une immense flaque de boue barrant l’ensemble de la route et dans lequel un buffle prenait tranquillement son bain. Un petit pont artisanal à base de deux planches étroites a été dressé par les villageois pour que les cyclistes puissent franchir cet obstacle sans se retrouver immergés dans la vase. Serait ce la fin du voyage pour notre tracteur ? Toujours est il qu’il s’engage dans une marche arrière avant de faire monter le régime de son moteur … et de foncer dans la cuvette boueuse. Miracle ! Le tracteur complètement immergé et dont seul le pot d’échappement dépasse de l’eau continue à avancer bon gré mal gré et réussit à traverser sans caler. Seul problème : une cuvette implique une descente au départ et une remontée à l’arrivée. Et la remontée s’avère très difficile à franchir, la pente boueuse étant complètement labourée par les quelques engins ayant tenté leur chance. Notre chauffeur, toujours aussi confiant, s’engage alors dans des manœuvres délicates, son véhicule toujours sous l’eau, recule de quelques mètres, et réussit enfin l’ascension du petit dénivelé qui nous séparait de la terre ferme.
 
 
Le pont de la rivière Kwai Nam Som
 
Le Laos est un pays où les rivières abondent. En période sèche, on peut les traverser sans trop se mouiller, mais pendant la saison des pluies et les mois qui suivent, les villageois construisent leurs ponts. Mais ces efforts ont un coût et chaque traversée fait l’objet d’un péage destiné à l’ensemble des utilisateurs. Même les enfants qui franchissent quotidiennement ces constructions en bambou pour se rendre à l’école se doivent d’acquitter leur dû. 
 
Tout le monde doit donc payer …. sauf Cassey, qui a cru voir là un racket organisé destiné à soutirer 5 centimes d’euros à une riche roturière chinoise. Après une longue discussion pour persuader Cassey que ce n’était pas un piège à touristes, nous avons franchi le poste péage situé au milieu du pont pour nous retrouver face à des gros cailloux ! Elle a finalement accepté d’avancer car un demi-tour impliquait de repayer un nouveau droit de passage exorbitant.
   
Bien sûr, au retour, Cassey n’ a pas manqué de faire remarquer au poste péage que ses pieds étaient mouillés du fait de la non finition du pont aux normes Iso 9002.
 

 
Autour de la bouse, les papillons
 
Mieux vaut avoir le sens de l’orientation car même si tous les chemins à travers les champs ou les rizières s mènent à Vang Vieng, certains sont plus boueux que d’autres.
 
Après avoir visité toute une série de grottes, accompagnés d’un couple néerlandais, nous tentons de regagner le village principal où sont garés nos vélos. Mais chaque chemin emprunté se trouve barré par des nuées de papillons dansant autour de flaques de boue - bouse. Après une longue série d’hésitations et de demi-tours, nous nous décidons à parsemer le chemin de grosses pierres pour que les filles puissent le traverser sans trop se salir. Malheureusement pour moi, le lancer de cailloux dans une flaque de bouse m’éclabousse et me déséquilibre. Je m’enfonce alors de plusieurs centimètres dans cette flaque malodorante et peine à extraire mon pied souillé de ce magma boueux. Ecartelée entre la résistance de la boue et ma volonté de sortir mon pied de cette belle merde, ma semelle de tong s’entrouvre et se remplit d’engrais naturels. Voyant ma mésaventure, les filles ôtent leurs chaussures pour traverser cet obstacle. A la sortie de la flaque, les papillons, par l’odeur allechée, nous suivirent. Restait alors à parcourir plusieurs centaines de mètres avant d’atteindre le village et la rivière synonyme de putréfaction, euh pardon … purification. 
 
 
Pourquoi courir ?
 
Levés de bonne heure, nous nous traînons jusqu’à un restaurant bio pour prendre notre plat de muesli, café lao et jus de prunes. Nos gestes sont lents, le service aussi. Qu’importe, nous nous adaptons parfaitement au rythme local. Mais pour une fois, on ne peut pas s’éveiller tranquillement au soleil : la météo n’est pas au rendez vous et un petit vent frais (eh oui c’est possible sous les tropiques) vient nous rafraîchir. Pas idéal pour se réveiller en douceur et de mauvaise augure pour les sports nautiques prévus dans la journée ! Nous abrégeons notre petit déjeuner et nous redirigeons d’un pas de sénateur vers l’hôtel pour prendre un gilet. Chemin faisant, on passe devant une des nombreuses agences de voyage qui affiche les tarifs et les horaires du bus pour Luang Prabang : départ dans 15 minutes.
 
Echange de regard, acquiescement de Cassey, achat du billet, direction l’hôtel, paiement de la chambre, toilette rudimentaire, rangement des sacs, restitution de la clé, achat de bouteille d’eau, retour à l’agence de voyages … tout ça juste à temps … pour attendre un minibus qui nous conduit à 50 mètres de là vers notre bus… où l’on attendra que tous les passagers arrivent, produisent leur titre de transport, chargent leurs bagages et s’installent.
 
Notre leçon de Vientiane ne nous a pas suffit, il ne sert à rien de courir, il faut partir à point !
 
 
Les sacs plastiques
 
Notre voyage vers Luang Prabang peut enfin commencer. Confortablement assis, les 6 à 7 heures de bus au programme ne seront qu’une formalité ! Après une petite demi-heure, premier arrêt ravitaillement et accueil de deux nouveaux passagers avec leur jeune bébé. Seul problème, le bus étant plein, on leur donne deux tabourets sur lesquels s’asseoir.
Qui cédera sa place douillette à la jeune maman contre un magnifique siège en plastique bleu sans attaches au sol ? Ayant déjà fait l’expérience d’un voyage dans des conditions similaires au Cambodge , je me dévoue. Quel dommage ! A peine mon geste de galanterie effectué, un américain à la barbe ZZ Top m’annonce qu’il s’apprêtait à en faire de même.
Cassey se retrouve donc en compagnie de cette jeune laotienne et de son fils « en bandouillère ». A peine installée, cette dernière remplit la pochette devant elle d’une grande quantité de sacs plastiques. On ne tarde pas à découvrir leur utilité : comme beaucoup de laotiens, notre passagère souffre du mal des transports. A chaque montée ou descente ponctuée de virages, la jeune femme s’empare d’un sac, vide ses boyaux, ouvre la fenêtre et jette le sac sur la route.
 
Animal farm
 
Les animaux domestiques et de ferme vivent en pleine cœur des villages. Et quand le cœur d’un village est constitué d’une route, ils se trouvent alors sur notre chemin. C’est l’occasion unique de tester l’intelligence de ces animaux confrontés à un bus leur fonçant dessus.
 
Sans conteste l’animal le plus bête, la poule a été la victime la plus fréquente, préférant se jeter à maintes reprises sous les roues de notre véhicule alors que le bas côté s’offrait à elle. Heureusement que le transport routier n’en est qu’à ses débuts au Laos, sans quoi le poulet serait un animal en voie de disparition : pendant notre voyage, au moins une dizaine de volatiles ont succombé à notre bus.
 
Par Wa - Ksi - Publié dans : Laos
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Samedi 15 avril 2006 6 15 /04 /Avr /2006 14:09

Pour échapper au rythme lent de la ville, nous nous tournons vers une agence de voyages dans le but de découvrir la campagne environnante. Au grand dam de Cassey qui cherchait à éviter tout sport nautique, j’opte pour un mélange de randonnée et de canoë.

 

Notre groupe de 6 touristes et de 2 guides s’était donné rendez vous de bonne heure dans l’artère commerçante de la ville. Le temps de charger le matériel et nous voilà partis pour l’aventure assis à l’arrière d’un pick-up. Nous quittons rapidement la route bétonnée pour prendre une piste sillonnant à travers la forêt. Au beau milieu de nulle-part, nous sommes conviés à descendre, à cheminer à travers la jungle avant de traverser une rivière à bord d’une pirogue qui prend l ‘eau. L’aventure se corse rapidement pour moi lorsque de l’autre côté de la rive, nous devons emprunter un petit pont fait de lianes et de bambou. Doutant de la résistance de cette infrastructure face à ma surcharge pondérale, j’ai laissé la priorité à  mes partenaires avant de m’engager.  Il n’est pas très utile de préciser que pour Cassey, ceci n’était que pure formalité.

Une fois sur la terre ferme, une marche tranquille nous amène à un village typique mais quasi-désert. A notre grand regret, en ce dimanche, l’école était fermée (nous y avions ramené des fournitures scolaires) et la plupart des habitants étaient aux champs pour la récolte de riz qui battait son plein. Seuls quelques enfants surveillés par des personnes âgées étaient encore présents. Après la visite ponctuée par nos questions sur l’organisation du village, la place des femmes, la nomination du chef du village etc.… , nous entamons une marche sportive à travers des paysages beaucoup plus vallonnés.  Pas le temps de profiter de la vue, de toute façon avec un soleil de plus en plus fort, personne ne souhaite s’attarder. Et c’est sur les coups de midi que nous atteignons enfin une magnifique série de cascades qui semble prendre naissance au milieu de la forêt. La tentation est trop grande : sous cette chaleur, quoi de mieux qu’une baignade rafraîchissante dans des vasques naturelles.

 

Le temps d’un repos bien mérité et nous voilà obligés de quitter ce lieu enchanteur pour rejoindre la rivière quelques dizaines de mètres plus bas pour une descente de la Nam Ou en canoë. Pendant que les guides nous prodiguent les consignes de sécurité, j’examine mes partenaires potentiels. En effet, il est à mes yeux hors de question que Cassey ne sachant pas nager se joigne à un novice comme moi. Mais ce n’est pas du tout l’avis de notre guide qui en décide autrement. Notre unique expérience de pagaie en commun se résume à une désespérante tentative birmane pendant laquelle notre guide s’était amusé à nous voir tourner en rond avant de reprendre la main. Une mise au point entre nous s’impose donc : coordination et synchronisation sont les maîtres mots !

Malgré un début un peu hésitant, nous nous sommes surpris à maîtriser assez facilement notre embarcation sans se laisser distancer par le canoë pilote. Notre enthousiasme des premiers instants, synonyme de pagaie dynamique a rapidement cédé la place à l’émerveillement produit par ces longues périodes où nous nous sommes laissés dériver au gré du courant,  spectateurs privilégiés de la vie de fluviale : buffles d’eau, chant des oiseaux ou enfants se baignant sont autant de souvenirs inoubliables. 

Ces instants de rêve furent interrompus lorsque notre guide nous mit en garde sur le danger de la traversée imminente de plusieurs séries de rapides. Port du casque et du gilet de sauvetage, consignes de sécurité répétées en cas de chavirement, rappel sur la lecture des courants ne me rassurent guère :  Cassey ne sait pas nager !  Pour minimiser les risques, nous décidons donc de calquer notre trajectoire sur celle du canoë de tête à bord duquel  le guide ouvre la voie. Conscient de la responsabilité qui pèse sur mes épaules (toute fausse manœuvre peut me conduire aux plaisirs du célibat en Thaïlande la semaine suivante), je  reste concentré sur les dangers des rochers et des remous alors que devant Cassey s’éclate littéralement : plus ça secoue plus elle aime (je parle du canoë).

Ce n’est qu’une fois arrivés que je pus enfin me libérer de mon anxiété et discuter des risques avec notre duo de tête. Et là le guide m’annonce que sa partenaire ayant déjà expérimenté ce sport nautique et étant à la recherche de sensations fortes, il a choisi d’emprunter les voies les plus difficiles ou tout du moins celles qui remuent le plus. Pour une première on s’en souviendra !!!

Par Wa - Ksi - Publié dans : Laos
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Vendredi 14 avril 2006 5 14 /04 /Avr /2006 23:38

Qu’y a-t-il à faire au beau milieu de nulle part ? Rien ! Et c’est précisément ce que les gens recherchent. Meuang Ngoi a beau être un village reculé accessible qu’en bateau, la réputation du lieu a vite été faite parmi les étrangers. Absence de route, d’électricité,  paysages à couper le souffle et l’hospitalité inégalable de ses habitants attirent de plus en plus les visiteurs fatigués de leur voyage et désirant faire un break.

 A notre débarquement, quelques laotiens nous proposent gentiment une chambre pour 1 dollar mais nous optons tout de suite pour la plus belle des guest house. Pour quatre fois le prix, nous disposons de l’une des plus belles chambres du village. Face à la rivière Nam Ou,  nous disposons d’une terrasse qui donne sur un petit jardin où l’on retrouve tout ce qui fait le Laos : maison sur pilotis, arbres à papaye, vieux obus, poules et coqs picorant…. Une véritable carte postale.

 Les activités y sont réduites : promenade, pêche, détente. Le soir venu, confortablement installés, il n’y a rien d’autre à faire que déguster son fruitshake, en attendant que soit servi  le laap et les rouleaux de printemps. La patronne est vite débordée, toutes les commandes devant être passées avant la coupure du groupe électrogène à 10 heures. Une fois cette échéance passée les invités de l’hôtel se regroupent autour des rares bougies pour consommer leur bière Lao, échanger leurs expériences de voyage et éventuellement leur pétard.

 

 

Par Wa - Ksi - Publié dans : Laos
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Vendredi 14 avril 2006 5 14 /04 /Avr /2006 10:49

Une belle ballade à travers la campagne laotienne. Après avoir exploré une grotte à moitié inondée, piqué une petite tête dans une eau bien fraîche,  puis traversé des paysages magnifiques à travers les rizières entourées de petites collines karstiques,  franchi une petite rivière où des jeunes écoliers respirant l’innocence se livrent à une bataille d’eau après leur matinée de cours, nous empruntons accompagnés des enfants le sentier menant à leur village.  Notre progression est ponctué par la cueillette de baies sauvages où notre taille s’avère être particulièrement apprécié. Un bonheur intense jusqu’à ce qu’un de nos compagnons évoque la possibilité de sangsues.

 

Et là je me rends compte d’une sensation bizarre entre mes orteils. En théorie, je devrais m’arrêter, y regarder de plus près, et prendre les mesures qui s ‘imposent. Mais la politique de l’autruche est la meilleure pour un insectophobe. Mieux vaut ne rien voir et attendre d’arriver au village. Mais plus on avance, moins  la sensation au niveau de mon pied est agréable . Prenant enfin mon courage à deux mains, aidée par Cassey,  je déchausse ma tong et découvre deux sangsues solidement agrippées sous mes orteils et au vu de leur taille, elle devaient y être depuis quelques temps.

 

 

Nous nous étions préparés plus matériellement que psychologiquement à cette éventualité : toujours avoir sur soi un briquet pour la brûler ou un peu de sel pour la faire tomber, sans oublier un antiseptique pour nettoyer la plaie. 

 

Tel un médecin en salle d’opération, je me retourne vers Cassey et demande à mon infirmière le sel. Recherche dans le sac ….pas de sel !!!! Deuxième option,  le briquet. Pas de briquet non plus !!!! Heureusement un de nos compagnons s’avère être un fumeur. Orientant mon pied vers Cassey, celle-ci allume la flamme et à défaut de brûler la bête, me brûle le pied. 

 

Panique à bord ! Peut on les arracher ou est-ce comme pour les tiques : leur tête reste-t-elle accrochée à la plaie ? Des jeunes écoliers arrivent à mon secours. Ils s’amusent de me voir dans cet état mais prennent grand soin à me retirer les bêtes à l’aide d’un petit morceau de bois, en raclant ma peau jusqu’à ce qu ‘elles lâchent prise puis colmatent la plaie à l’aide de feuilles fraîchement cueillies. Comprenant mon appréhension envers ce genre de bestioles, des éclaireurs prennent quelques mètres d’avance et, tout le long du chemin, m’indiquent la position de ces insectes pas plus grands qu’un asticot et qui au passage d’une proie, se redressent, se tortillent en direction de leur futur repas.  

 

Ayant un sang plutôt épais, je me suis surpris à pisser le sang pendant plus d’une  demi heure : la cicatrisation est retardée sous l’action anticoagulante de la sangsue et de la nécessité de continuer à marcher pour sortir de cette zone à haut risques.

Arrivés au village, le pied saignant toujours, je désinfecte proprement la plaie et sourit à cette expérience inédite : Yannick et Phuong m’avaient prévenus, lors de leur trek au Lam Nuam Tha, un anglais a même vu une sangsue se glisser jusqu'à…. Ooooooooh Non !!!

Pas ça !!! Vite, il faut que j’aille vérifier l’intégrité de mon appareil reproducteur. Y a-t-il des toilettes dans ce lieu reculé ou dois-je aller dans les hautes herbes m’examiner au risque de me jeter dans la gueule du loup… en l’occurrence de la sangsue ? Par bonheur le proprio du bouiboui où l’on se restaurait m’indique la direction d’une cabane en bordure de village destinée à accueillir des touristes à tourista. Et c’est dans ce lieu avec un équipement « American standard » où j’ai pu être soulagé et accessoirement me soulager.  

 

 

 

Avant de rentrer, un villageois a pris la peine de nous expliquer les gestes à éviter : marcher au centre du sentier en évitant soigneusement les hautes herbes, bien lever les jambes,  ne pas rester longtemps sur place,  s’essuyer régulièrement les jambes. Autant vous dire que nous avons respecté les consignes à la lettre, fonçant tels des marathoniens à travers la campagne laotienne, courant à travers les zones à risques, se fouettant régulièrement les jambes au cas où une sangsue avait réussie à s’agripper.

 

Par Wa - Ksi - Publié dans : Laos
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Vendredi 14 avril 2006 5 14 /04 /Avr /2006 10:48

Ca y’est, les vacances approchent de leur terme. L’heure est venue pour nous de regagner la Thaïlande voisine. Après un vol rapide de Luang Prabang vers Bangkok, un passage au poste frontière toujours aussi long, une attente interminable pour un taxi avant d’opter pour le bus, nous décidons de nous poser pour une nuit dans l’unique quartier dont je connais le nom et où on m’a conseillé un hôtel : Khao San  Road.

Après quelques errements, nous trouvons finalement la rue. C’est pas compliqué : c’est la plus bruyante, la plus sale, la plus animée de tout Bangkok. Population thaïlandaise très jeune et dans le cas des filles parfois accompagnée de vieux messieurs étrangers,  magasins attirant le touriste à coup de néons agressifs et de musique techno à haute teneur en décibels, le tout dans une rue assez étroite et une chaleur étouffante crée en nous un véritable choc culturel après deux semaines de calme laotien.   

 

La fatigue ajoutée au stress du lieu sont renforcés par notre incapacité à trouver une chambre d’hôtel. Tous les hôtels (de grands immeubles avec à leur rez-de-chaussée, une sorte de patio rempli de canapés et de table basses) affichent complet. Après une bonne heure à déambuler avec nos sacs à dos (remplis faut il le rappeler par les achats de Cassey) nous en trouvons un où il reste une chambre. Je décide de la prendre sans même la visiter, mais surprise, refus de la réceptionniste qui insiste pour que j’aille voir si elle me convient. Nous avons vite compris pourquoi : pièce de deux mètres sur deux, avec pour seule fenêtre un grillage donnant sur le couloir central, des rideaux translucides qui ne masquent que l’obscurité, à peine de la place pour poser ses sacs, une chaleur étouffante contre lequel le ventilateur au plafond ne peut pas grand chose. Tant pis, la fatigue et le ras le bol ont raison de nos préjugés.

Par Wa - Ksi - Publié dans : Laos
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Jeudi 13 avril 2006 4 13 /04 /Avr /2006 22:43

Après une nuit à l’étroit, nous nous réveillons dans un tout autre monde que celui que nous avions quitté la veille. Khao San se remet tout doucement de sa vie nocturne. Le grand patio bruyant de l’hôtel s’est métamorphosé  en un agréable salon ouvert sur la rue richement décoré et arboré. Nous prenons un délicieux petit déjeuner bercés par une douce  musique Trip Hop.

Nous disposons d’une matinée de temps libre à Bangkok. Deux suggestions radicalement opposées sont offertes à Cassey : le marché du week-end ou le palais royal. Achats ou culture, consumérisme ou spiritualité ? Le choix est vite fait et sans surprise, ça sera le marché.

Le marché au nord de la ville est un immense labyrinthe marqué par des zones (de 1 à 26 ? ) et des numéros d’allées. On y vend de tout, des tissus et vêtements, des antiquités, des bijoux, de l'artisanat, de la vaisselle, des ustensiles de cuisine, d’innombrables bougies et encens, des poissons, oiseaux et même des serpents, des herbes médicinales, bref tout ce que l’on peut imaginer.

Curieusement devant un choix aussi pléthorique, on ne sait plus où donner de la tête. On compare les designs, la qualité, les prix. On hésite, on se perd, on ne retrouve plus la première boutique. Bien entendu, quelques achats sont réalisés (coussins, bijoux, Tee-shirts, encens …) mais on reste raisonnable d’autant qu’un violent orage perturbe sérieusement notre matinée. Bien que le marché soit en théorie couvert, les allées entre les échoppes ne sont couvertes que de tôle ondulée qui en certains endroits laissent s’écouler l’eau qui vient inonder les allées.

Lassés d’avoir les pieds dans l’eau, nous décidons de prendre un taxi pour rentrer. Le chauffeur est marrant, il utilise pour marquer son approbation ou sa compréhension les mêmes onomatopées que la famille de Cassey dans le sud Sichuan. Il nous explique que le gouvernement lui offre des coupons d’essence s’il dépose des touristes à une exposition vente de rubis. Pas d’obligation d’achat, juste ¼ d’heure à regarder des pierres précieuses. Nous acceptons la proposition et sommes conduits à une immense salle remplis de vendeurs polyglottes qui se casseront les dents à essayer de nous faire participer à la croissance du pays.

Puis c’est retour à Khao San le temps d’une simple coupe de cheveux dans un salon de coiffure (salon avec option massage à l’étage pratiqué par une bombe thaïlandaise), d’un excellent repas épicé avant de rejoindre le chauffeur de taxi du matin qui nous a gentiment proposé de nous conduire à l’aéroport. Cette demi journée aura eu le mérite de nous réconcilier avec  la Thaïlande et ses habitants !

Par Wa - Ksi - Publié dans : Birmanie
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Dimanche 9 avril 2006 7 09 /04 /Avr /2006 23:32

Le Bus : Yangon - Mandalay

On nous avait prévenus !

Environ 15 heures de bus pour relier Yangon à Mandalay, soit une distance d’un peu plus de 600 km.

On s’y était préparé tant au niveau psychologique qu’au niveau logistique. J’avais expliqué à Cassey qu’accéder à la beauté du Myanmar nécessitait un peu d’effort. Elle s’y était résigné mais avait tout fait pour transformer ce voyage de nuit en une étape de repos et de récupération après notre long vol de la veille.

Dans notre sac à dos se trouvaient outre les habituels encas et rafraîchissements, des boules quiès, des coussins gonflables pour soutenir la nuque et un masque pour les yeux. Sans oublier un livre chacun pour tuer le temps.

En tant qu’occidentaux habitués au luxe, nous avons  fait le choix du bus high class express. Le prix du billet (environ 4 € par personne) reste inaccessible pour la plupart des birmans. En effet, la très grande majorité voyage à l’arrière de gros camions ou dans des minibus surchargés avec quelques courageux sur le toit ou accrochés à l’arrière du véhicule.

 

Le départ se fait à 15H45, un peu en avance par rapport à l’horaire prévu. A peine partis, nous constatons que malgré la cherté du billet, notre bus présente quelques désagréments. La télévision est mise en marche pour nous passer quelques tubes de la chanson birmane, mais le haut-parleur au-dessus de notre tête ne cesse de grésiller ; le dossier de mon siège refuse obstinément de se laisser régler ;  le bouton servant à  régler la climatisation a du disparaître depuis deux ans au moins (au vu de la poussière présente dans la cavité) ; les filets au dos des sièges servant à retenir les bouteilles d’eau gracieusement offertes sont complètement troués et ne retiennent pas les dites bouteilles.

Qui plus est un bruit bizarre s’échappe du moteur  ! Heureusement nous ne sommes pas les seuls à le constater : au bout d’un quart d’heure de route, notre chauffeur s’arrête et descend avec son aide mécanicien muni d’une trousse à outils. C’est le moment d’attaquer mon roman long de 700 pages idéal pour ces trois semaines de vacances.

Notre arrêt impromptu ne dure qu’une petite heure (suffisamment longtemps pour regretter de ne pas voir pris une des compagnies concurrentes qui nous doublent à vive allure). Une fois repartis, je me rends compte de l’inutilité du livre au cours d’un trajet birman : la route bien que goudronnée est une suite ininterrompue de bosses et de nids de poules. Nos têtes sont projetées à gauche, à droite, devant, derrière.

Haha !! Cassey avait tout prévu. L’heure est venu de sortir nos coussins gonflables ! Et là, déception immense : avec un coussin caoutchouté  autour du cou, on a tendance à transpirer, à beaucoup transpirer ! Il ne nous reste plus qu’à nous faire ballotter pendant une quinzaine d’heures.

Notre élan est fréquemment interrompu par des multiples péages à chaque entrée ou  sortie de village, par les check points de l’armée et les nombreuses pauses ravitaillement - pipi (Nooooon, je me retiendrai).

Inutile de vous dire que Morphée ne nous a pas ouvert ses bras cette nuit là  et que c’est dans un état second que nous sommes arrivées à Mandalay après 17 heures de trajet.

 

 

Le Code de la route birman  

Synthèse des règles essentielles

1 - Avant de s‘installer dans le véhicule, accrocher des fleurs fraîches à son rétroviseur intérieur et prier le Bouddha pour un voyage sans incidents. 

2 - Le volant est à droite (passé colonial et proximité de la Thaïlande) et on roule à droite (rejet de ce même passé colonial).

 

3 - On respecte la signalisation même s’il n’y a pas de policiers en vue car la police est partout. 

4 - On signale sa présence et sa vitesse par une série de klaxons le jour ou d’appels de phare la nuit. Plus on roule vite, plus cette série est longue.

 

5 - A l’entré d’un village, je prépare un billet de 100 kyats (0.10 €) pour  le péage - racket. 

6 - Avant de pratiquer un dépassement, j’observe attentivement  les signaux du véhicule qui me précède.

- clignotant droit : ne pas doubler, véhicule venant en sens inverse

- clignotant gauche :  possibilité de doubler

- feux de détresse :  attention le véhicule devant ralentit à cause d’un danger proche

- En cas absence de signaux, je n’ai pas été repéré par le chauffeur devant, je dois donc lui signaler ma présence (cf. règle numéro 4)

7 - En cas de passage devant un lieu saint, ralentir et saluer le Bouddha.

 

Le  bateau Mandalay - Bagan  

Malgré un départ à l’aube, ce voyage n’est que pur bonheur. 

Après avoir traversé deux bateaux birmans surchargés où les familles sont assises à même le sol, on accède à l’express boat conçu pour nous, les touristes. A 16 dollars la place dans les poches du gouvernement, nous bénéficions de sièges confortables et inclinables dans une salle climatisée, d’un bar restaurant, de toilettes propres et d’un accès au pont pour respirer le grand air.

La croisière dure sept heures et est ponctuée par une escale rapide à Pakkoku, ville spécialisée dans la fabrication de plaids.

Un moment de repos inégalé dans l’univers des transports birmans ! 

 

Les transports urbains

 1 - Les bus transports de troupe, vestiges de la seconde guerre et ayant servis dans la lutte contre les japonais sont encore en vigueur dans le grandes villes notamment à Yangon.  Souvent bondés ils auraient l’avantage d’être gratuits pour les moines s’ils le prennent avant 11 H (pour aller collecter leur nourriture)

 

2 - Le rickshaw est au vélo ce que le side-car est à la moto. La version birmane est proposée avec double siège passager, chacun se faisant dos. Inconvénient de ce mode trajet, le centre ville de Yangon lui est interdit. Qui plus est, on se sent vulnérable quand on se trouve à côté d’un bus.

 

3 - Le tuktuk birman est un tricycle à moteur avec possibilité de s’installer à 3 ou 4 à l’arrière si on a des petits genoux. Il a l’avantage d’être bâché (utile pendant la mousson), mais ses gaz d’échappement viennent souvent chatouiller vos narines, notamment à l’arrêt.

 

4 - La carriole à cheval, plutôt utilisée dans les petites villes comme Nyaung U est idéale pour une découverte touristique des lieux. Tous les chemins lui sont permis, même sablonneux. Non seulement il est écologique, mais aussi doté d’un système de récupération des déchets : le sac à merde ( ceci pour se conformer à la réglementation de Bagan site archéologique propre, faute de quoi la licence peut être suspendue). Petit inconvénient : vous risquez de tomber comme nous sur un cheval aérophage.

 

Le taxi collectif : Bagan - Inle   

 

Le bus, nous y avions déjà goûté : long et inconfortable, notre première expérience ne nous a pas laissé un souvenir intarissable. Au diable l’avarice ! Nous décidons de claquer l’équivalent de 2 à 3 mois de salaire birman dans un voyage en taxi collectif pour une étape longue de 250 km.

 

Après avoir trouvé non sans mal deux allemands prêts à nous accompagner et partager les frais, nous partons à quatre confortablement installés dans un minibus prévu pour six personnes. Le chauffeur nous prévient que la durée du voyage sera d’environ 8 heures, pauses comprises car la dernière partie du trajet se fait sur des routes de montagne.

 

Inconvénient du minibus : des pneus inadaptés à l’état des routes birmanes.

Après 1 heure de voyage et le franchissement de deux petits cours d‘eau qui ont débordé sur la route,  notre chauffeur sort la tête de sa fenêtre pour constater la crevaison d’un pneu. Le birman est digne de travailler dans n’importe quelle écurie de formule 1. En un petit quart d’heure, le pneu était changé et nous repartions plein d’espoir. Seul problème : le mauvais état des routes entraîne des crevaisons multiples et notre seul joker avait été utilisé. Une halte au village le plus proche dont l’économie repose sur  l’agriculture et la réparation de pneus s’imposait. 

 

Avez-vous déjà démonté un pneu de vélo ? Et bien imaginez un garagiste birman assisté de son apprenti  sans aucun outil à part un pieu métallique et un burin pour extraire la chambre à air. L’opération s’avère très fastidieuse. Et encore, ce n’est rien comparé à un pneu de camion ! Après plus d’une heure de travail harassant et deux litres d’eau perdus en sueur, notre garagiste perçoit la somme abracadabrantesque de 500 kyats (0.50 €).

 

Avantage du minibus : une taille adaptée aux routes de montagnes.

Une fois passée la ville carrefour de Thazi, nous quittons la plaine birmane pour nous engouffrer dans une région plus montagneuse où notre ascension coïncide avec l’arrivée de la pluie. La route, simple deux voies malgré l’importance qu’elle représente dans les échanges entre les montagnes fertiles et la plaine aride, fut construite par les anglais avant la guerre et n’a jamais été agrandie depuis.

A partir de 500 mètres d’altitude, la route devient de plus  en plus sinueuse, la pluie entraîne des coulées de boues et nous constatons avec frayeur que certaines portions de la route ont cédées du fait de ruissellements. Les grands camions japonais chargés de légumes ou de biens de consommation deviennent autant d’obstacles à contourner, nous obligeant à flirter avec les falaises ou les ravins afin de laisser passer, croiser ou doubler ces mastodontes  nippons. La vingtaine de kilomètres nous séparant de Kalaw, station d’altitude nichée à 1100 mètres nous a pris trois heures. Heureusement la route nous menant de Kalaw à Inle était en bien meilleur état et nous sommes finalement arrivés à destination après 13 heures de voyage.

 

Mais ne nous plaignons pas ! Nous avons rencontré deux anglais, qui ayant réalisé ce trajet le même jour à bord d’un bus, ont dû descendre et finir les cinq kilomètres les séparant de Kalaw à pied, dans la nuit et sous la pluie, les coulées de boues ayant  emporté une portion de la route.

 

Les travaux forcés, la DDE birmane

Les infrastructures routières birmanes sont dans l’ensemble vétustes et leur entretien, faute de matériel, repose largement  sur les travaux forcés ou travaux d‘intérêt général (on peut être exempté de certains impôts si l’on participe à ces TIG).

Nous avons pu identifier trois types de sections à l’oeuvre, les deux premières étant quasi exclusivement composées de femmes, et leur productivité digne des grandes entreprises chinoises des années 80 (inexistante). 

Sections nid de poules : nous avons vu cette équipe à l’oeuvre  lors de la venue de l’un des principaux généraux de la junte à Bagan. Munie d’une truelle et de goudron, cette équipe bouche les trous sur la route principale.

Sections ramassage de cailloux : plus fréquentes, ces sections sont souvent rencontrées au bord des grands axes routiers et servent à la collecte des cailloux pour la construction ou la consolidation des routes.

Sections réparation construction  : encadrée par l’armée, composée en grande majorité d’hommes, cette section semblait dévolue à des taches plus ardues ce qui laisse à penser qu’il s’agissait de prisonniers. 

 

Le bus Inle - Yangon

 

Deux options s’offrent à nous pour ce dernier trajet :

- le taxi collectif avec comme inconvénient son prix et sa faiblesse liée aux crevaisons

- le bus moins manœuvrable dans les routes de montagne.

Le beau temps ayant régné ces quatre derniers jours, nous optons pour la solution la plus économique.

L’arrêt de notre bus se situe à une dizaine de kilomètres d’Inle, à un carrefour sur la route entre Taunggy et Thazi. Nous nous y rendons entassés à bord d’un pick-up pour une centaine de kyats (0.10 €) par personne. Comme toujours avec ce genre de transport, le camion ne part que lorsqu’il a fait le plein de passagers, soit plus d‘une heure après que l‘on se soit installé.

Notre bus est un de ces grands express, plus moderne que lors de notre premier trajet. Le début se déroule sans incidents, la route étant suffisamment large. Une fois passé Kalaw nous empruntons la descente vers la plaine et nous nous félicitons d’être assis côté falaise ! Le parcours est souvent ponctué par des virages à 180°, pendant lesquels notre chauffeur  stoppe le véhicule, fait descendre ses deux assistants qui ont pour mission de le guider, centimètre par centimètre, dans le virage. Notre conducteur se montre d’une extrême prudence et nous en comprendrons ultérieurement la raison : la veille, la route a cédé et a emporté un bus en  bas du ravin.  Les nerfs sont à vif et chaque village est une occasion de s’arrêter et d’évacuer le stress.

Une fois la plaine regagnée, la pression retombe et contrairement au premier voyage, nous parvenons à tomber dans un sommeil léger entre deux haltes ravitaillement..  Vers 10 heures du soir, lors d’un de ces arrêts, nous constatons à notre grande surprise qu’un deuxième chauffeur assurera les 9 heures de bus restantes. Nous profitons de ces lignes pour décerner une palme à la compagnie de bus Ye Thu Aung pour son programme de sécurité !

Par Wa Ksi - Publié dans : Birmanie
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Ksi et moi sommes des adeptes des voyages depuis plus de 3 ans et nos déstinations sont exlusivement tournés vers l'Asie.

Ce site est l'occasion de vous faire partager nos aventures et de vous donner envie d'aller à la découverte de ses pays avant que la vague de modernisme les dénature complètement.

 

 

 

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